LIZE - 8ème Régiment de Hussards



Au lendemain de la Première Guerre mondiale, cette imposante « Caserne des Artilleurs », redevenue française mais toujours propriété de la ville, est cédée au Ministère de la Guerre. Elle n'avait pas de nom et prit celui de Lizé (en hommage à ce général tué en Italie).
(Les négociateurs du traité de Versailles se sont contentés de reprendre l’entité de la surface militaire, telle qu’elle avait été conçue par son architecte, sans songer un instant à la séparer. Il faudra attendre le départ des aviateurs voisins, en 1933, pour saisir l’occasion de le faire.)
La caserne ouvre ses portes, dans la partie Nord, au Parc d’Aviation n°2, c’est-à-dire à toute la partie technique du 2° RAC - (le P.C. se situant, quant à lui, à la caserne GUYNEMER.) Dans la partie Sud, s'installe le 8ème Régiment de Hussards (8° RH) et le terme caserne est vraisemblablement transformé à ce moment là en quartier.
Sur une plaque de marbre retrouvée au casernement de l’actuel BQG et qui depuis peu a retrouvé sa place à hauteur de l’entrée du quartier, est gravée l’inscription suivante :
« Au retour de la grande guerre, le 8ème Régiment de Hussards occupa ce quartier de 1919 à 1929. »

Et l’histoire de cette plaque peut être retracée de la façon suivante : En 1987, alors que le 5ème Régiment du Matériel commandé par le lieutenant-colonel Elias occupait le quartier, une cérémonie eut lieu, sous la présidence du général (2S) Henry Liger-Belair, pour dévoiler une plaque souvenir à l’intention des futures générations lisait-on dans la presse. Cette plaque termina plus tard sa courte existence au pied d’un Engin Blindé de Reconnaissance (EBR) que le régiment du matériel avait disposé à l’entrée du quartier, en guise de "pot de fleurs".
Dès le début des travaux pour accueillir l’Eurocorps en 1993, cette plaque fut récupérée et maintenue au casernement où elle fut à nouveau découverte à la fin des années 1990. En mars 2004, elle fut fixée à l’extérieur gauche du porche à l’entrée du quartier.


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Lorsque le 8ème Hussards était à LIZE et que l’on entrait au quartier, immédiatement après le porche d’entrée, se situait une petite place (on l’imagine encore de nos jours) sur laquelle les Allemands avaient érigé une stèle à la mémoire des soldats allemands tombés en Afrique. Les Hussards s’empressèrent de rebaptiser cette petite place la « cour du capitaine Vonderheyden ». Cette place coïncidait sommairement à la surface délimitée par la façade interne de l’entrée (bâtiment 001 après le porche), l’avancée des deux ailes de part et d’autre de ce bâtiment vers l’Ouest et des remises d’en face (bât. 010 et 013), ces dernières étant reliées par le haut mur du fond. Quant aux remises latérales, situées à proximité au Nord et au Sud, où l’on y garait autrefois les attelages hippomobiles, elles ont été détruites.
Le lieutenant F. de La Ruelle officier au 8ème Hussards, de 1921 à sa dissolution en 1929, nota dans son carnet intime :
« A mon arrivée comme jeune lieutenant en juin 1921 (…) j’ai été un peu éberlué, pensant mener à Strasbourg une vie de garnison (…) j’ai trouvé au contraire un régiment sur le pied de guerre aux ordres d’un extraordinaire colonel, Roger Altmayer.
(…) Au cours d’un certain exercice, tout avait été prévu : même le cas de rassemblement de civils avec des cannes qui devaient être considérées comme armées (…)
En dehors de cet exercice tactique qu‘avait son régiment, le colonel Altmayer était secrétaire de la commission chargée de la refonte du règlement de cavalerie. Le 8ème Hussards, sous sa direction, appliquait sur le terrain (à titre d’essai) toutes les innovations envisagées au cours du travail d’ensemble hebdomadaire. La grosse innovation était l’ordre dispersé. Pour être certain que chaque Chef à tous les échelons soit à sa place et vu de tous, les officiers et sous-officiers étaient en képi, les brigadiers en calot, les 1ère et 2ème classe en casque (…) 
Le 8ème Régiment de Hussards faisait brigade mixte avec le 170ème Régiment d’Infanterie de Kehl, brigade aux ordres du général commandant la tête de pont de Kehl.
Le 8ème Hussards était caserné au quartier LIZE (Sud) faute de place à Kehl, à 5 km du pont du Rhin.
Il lui était demandé d’être en mesure de se rassembler à Kehl avec armes et bagages de jour comme de nuit en une heure. Pour ce faire, la mobilisation du régiment était décentralisée jusqu’à l’échelon peloton. Chaque peloton avait son magasin de mobilisation où chaque hussard avait sa panoplie personnelle (un jeu d’effets neufs, couverture à cheval neuve, vivres de réserve, munitions correspondantes à sa spécialité, grenadiers, etc .)
40 minutes après l’alerte (refrain du régiment et sonnerie au galop), le régiment s’élançait au galop sous les ordres de l’officier le plus ancien présent. Les officiers habitant la ville rejoignaient directement Kehl sur leurs chevaux amenés à domicile par les ordonnances. Les officiers célibataires et ils étaient nombreux, n’avaient pas le droit d’habiter à plus d’un kilomètre du quartier et la table des lieutenants devait être dans un café vis à vis du quartier. Inutile d’insister sur la pression à laquelle tous étaient soumis, mais cela se faisait avec le sourire (… )»
 
En 1929, la mise à exécution du nouveau plan de réorganisation de l’Armée va entraîner la dissolution du 8ème Régiment de Hussards. Son effectif disponible s’élève alors à 353 hommes et 642 chevaux.



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