LIZE - A partir de 1945




Dès 1945, ce sont des unités du Génie qui sont les premières à ré-occuper les lieux.
 
Le 1er octobre 1948, le 1er Bataillon Autonome du Génie (1° BAG) se forme à LIZE, sur le type "Bataillon du Génie de Division d’Infanterie" (BGDI). Son premier chef de corps sera le chef de bataillon Paul Tachet.
 
Au sein de ce 1° BAG fraîchement formé a lieu, le samedi 12 février 1949, une cérémonie de remise du fanion officiel au Bataillon par l’amicale des officiers de réserve du Génie, ainsi que la remise de la fourragère aux jeunes appelés sous la présidence du général A. Gruss, alors gouverneur militaire de Strasbourg. Une note de service précise le déroulement de la cérémonie.
A 15 h 00 dans la cour de LIZE, sont là rassemblés :
-          la musique du 152ème Régiment d’Infanterie (152° RI),
-          les pelotons d'élèves gradés,
-          les compagnies,
-          et les autorités, dont le général Bouley commandant le génie des T.O.A. (Troupes d’Occupation en Allemagne), le colonel Kauffeisen, commandant et directeur régional du Génie ainsi que d’autres personnalités civiles et militaires.
A l’issue de la prise d’armes une réception est organisée dans la salle du bâtiment de la compagnie 1/2, où un vin d’honneur est servi aux autorités.
Pour la petite histoire, la note de service d’organisation de cette cérémonie mentionne même "qu'une sauterie aura lieu au rez-de-chaussée du bâtiment dès le départ des généraux." (Ce sont les termes employés).
Cette prestation est organisée par le gérant, l’adjudant-chef Bouhelier.


*****
 
Au 1° BAG, malgré les privations de la Seconde Guerre mondiale encore fortement ressenties un peu partout à travers le pays, les conditions matérielles de vie de la troupe et des cadres sont relativement satisfaisantes, si l’on en croit le rapport sur le moral établi le 5 décembre 1952 par le chef de bataillon Joyeux, chef de corps, qui écrit  :
"(…) La troupe est quasi unanime à trouver la nourriture bonne et correctement préparée. La prime d’alimentation est pour le moment suffisante et a permis d’enregistrer une nette amélioration par rapport à l’année précédente (...) Les réfectoires des compagnies ont été installés dans d’anciennes écuries. Les aménagements indispensables ont été réalisés, mais quelques améliorations sont encore à envisager pour donner à des locaux qui s'y prêtent mal, la note intime et coquette qui serait souhaitable (...) La pénurie en personnels qualifiés se fait parfois durement sentir (…) et le mess qui ne dispose ni de salle de jeu, ni de salle de lecture a des retombées néfastes sur la vie en commun (…)"
 
Dans le domaine de l’habillement, les officiers éprouvent quelques difficultés à s’approvisionner en effets du paquetage :
"Jusqu’à ce jour et pour les principaux effets, les officiers n'avaient guère d'avantages à s’approvisionner à l’Intendance : à qualité égale les prix s’alignent sensiblement sur ceux du secteur civil, où le choix est d’ailleurs plus grand. Pour cette raison sans doute, les stocks américains ont toujours été très courus. Toutefois l’annonce récente d’une attribution gratuite d’un métrage de tissu whipcord kaki clair pour la confection d’une tenue a été favorablement accueillie (...) "
 
Pour les sous-officiers la situation est identique :
 "Il est urgent de revenir pour les sous-officiers A.D.L, (Au-delà de la Durée Légale, donc de carrière) à la solution d’avant-guerre qui permettait de les faire bénéficier périodiquement d’une tenue gabardine sur mesure. Actuellement les effets délivrés par l’Intendance ne sont pas toujours de très bonne qualité, sont plus ou moins bien ajustés et pêchent en général par un manque d’uniformité."
 
Et concernant la troupe :
" (...) l’absence de chaussures de repos - pantoufles par exemple - entraîne l’utilisation à cette fin de l’unique paire d’espadrilles touchée par le sapeur pour la pratique du sport, si bien que, paradoxalement, son usure rapide relève beaucoup plus de l’homme au repos que de l’homme à l’exercice (…) Qualitativement seule la tenue de sortie est présentable. Encore est-il parfois difficile d’assortir les teintes du blouson, du pantalon et de la capote (…) "
 
Dans le domaine du logement, les cadres mariés "éprouvent des difficultés à trouver des logements corrects et à des prix correspondant à leurs moyens (…) d’où la hantise des mutations (…)"
 
Comment sont logés les cadres célibataires ?
"27 chambres sur une quarantaine disposent d’un lavabo à eau courante. Dans les autres, les sous-officiers doivent avoir recours au système archaïque de la cuvette et du pot à eau, avec la corvée d'eau obligatoire, faute de personnel."
 
Et c’est du côté de la troupe que l’on note :
"Les chambres de troupe sont acceptables, eu égard à la pauvreté des moyens dont on dispose (…) Les sapeurs (…) sont arrachés tous les semestres à leurs occupations normales pour blanchir le casernement, corvée réservée essentiellement aux jeunes recrues (…)
Les chambres sont insuffisamment éclairées. Une ampoule de 25 watts est un simple falot dans une pièce de 35 m2. La lecture, la correspondance, la préparation des interrogations, tout travail intellectuel en soirée est de ce fait extrêmement pénible, voire même impossible (…) (A. Collard, sur une carte postale datée du 25.11.1926, écrivait : « (…) Hier soir un malencontreux coup de polochon a cassé la lampe et on a été privé de lumière et contraint de se coucher (…)  »
Un assouplissement du règlement de chauffage s’impose. En effet, il est difficilement concevable que le chauffage ne puisse commencer qu’à une date fixée, quelles que soient les rigueurs de la température. Par ailleurs, l’allocation de 1 kg de charbon par homme et par jour – cuisson des aliments comprise – est insuffisante pour chauffer le volume d’air très important (des chambres), compte tenu de la hauteur des plafonds (…)
Certains lavabos sont dans un tel état de délabrement que leur réfection s’impose de toute urgence (…)"
 
Un mot au niveau de la solde !
"(…) Un caporal-chef d’active et marié gagne mensuellement, solde et prestations familiales comprises, 29 672 francs, sans pouvoir prétendre en tant qu’homme de troupe, à l’affectation d’un logement militaire. Un sergent-chef marié sans enfant, perçoit une solde majorée de l’allocation de salaire unique, 34 000 francs par mois. Or, à Strasbourg il faut compter pour 2 personnes – et sans faire d’extra – un minimum de 800 à 1 000 francs par jour pour la nourriture (…) Peuvent-ils, dans ces conditions, envisager avec intérêt un rengagement, surtout si nantis d’un métier – souvent appris au Régiment (Bataillon) – ils sont sûrs de trouver dans le secteur civil un poste autrement mieux rémunéré (…)
Quant au sous-lieutenant célibataire, il perçoit 34 050 francs par mois et semble satisfait (…)"

La chronologie des événements qui a marqué le quartier LIZE, à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, est la suivante :
-          En 1947, la partie Ouest de LIZE est mise à la disposition du Ministère de l’Education Nationale, pour une durée de 18 ans. En 1953 est installée, depuis quelques années, dans ces locaux l’Ecole Normale des Instituteurs Catholiques du Bas-Rhin. L’arrêté de cession définitive de cette partie de LIZE intervient le 13 mai 1963. De nos jours, c’est l’IUFM - Institut Universitaire de Formation des Maîtres - qui occupe les lieux. Selon un projet récent, cette extension devrait être prochainement détruite, seul le gros bâtiment principal serait maintenu en l’état.

-          Le 11 janvier 1953, toujours sous le commandement du lieutenant-colonel Joyeux, le 1er BAG, prend la dénomination de 12ème Bataillon du Génie (12° BG.)
A l’extérieur du quartier, les barres d’habitations, les unes derrière les autres, à l’Est et au Sud émergent lentement du sol par tranches successives et la rue de Solignac apparaît enfin (avant ce n'était qu'une piste percée).

-          Le 1er janvier 1956, aux ordres du colonel Viard, le 12° BG prend l’appellation de Bataillon de Marche du Génie (BMG) avant d’être transféré en Afrique du Nord (AFN) le 6 janvier 1956.

-          Le 1er avril 1960, aux ordres du colonel Vidal, le 1er Régiment du Génie (1° RG) revient au quartier LIZE. Il y restera jusqu’en 1976.
 
A l’Est et au Sud du quartier, des maisons individuelles sont construites.
-          De 1976 à 1984, le 406ème Bataillon de Commandement et des Services (406° BCS) qui deviendra, en 1977, le 6ème Régiment de Commandement et des Services (6° RCS.)
En lisant quelques nouvelles brèves apparues dans la gazette régimentaire datée du mois de mars 1981 et signées par le lieutenant-colonel Carpentier, chef de corps du 6° RCS, on apprend que 133 jeunes appelés du contingent 1981/02 sont arrivés au régiment, que le bibliobus de la ville de Strasbourg passera au quartier tous les 1er et 3ème mardi du mois mais surtout que le régiment vient de subir deux inspections importantes de l’intendance et du casernement et qu’un effort particulier doit être fait sur les matériels opérationnels, à savoir les véhicules et l’armement.
 
Et parmi les phrases du 6° RCS qui furent entendues et pourraient devenir célèbres :
« Il faudra dégraisser les ateliers afin d’affecter les personnels à la station de … graissage. »
Ou encore :
« Où dois-je percevoir les munitions chef ?
- Il n’y a pas de perception tout est fictif !
- Alors où dois-je percevoir mes repas ?
- Je vous dis que tout est fictif ! »
 
-          De 1984 à 1985, le 62ème Groupement Divisionnaire (62° GD) est locataire des lieux,
-          De 1985 à 1991, le 5ème Régiment du Matériel (5° RMAT).
 



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