LYAUTEY




 
Le destin du quartier LYAUTEY a été étroitement lié au quartier LIZE pendant plus de vingt ans et l’appellation LYAUTEY n’est apparue qu’en 1933 à la dissolution du Régiment d’Aviation de Chasse et de son unité support le Parc d’Aviation n° 2.
Ce quartier a ainsi été baptisé LYAUTEY (en honneur de ce personnage légendaire qui, exceptionnellement de son vivant, donna son nom à ce quartier de Strasbourg.)
 
Mais revenons aux origines de ce quartier.
Au tout début de 1907, la surface de 56 589 m² nécessaire à la construction de cette caserne est cédée à bail à l'armée allemande par la ville de Strasbourg, route de Neuhof et anciennement appelée route d’Altenheim ou Altenheimerstraße.
Puis, dès l’achèvement des travaux de construction, le 1er octobre 1909, le 1er bataillon du 15ème Régiment d’Artillerie de campagne de Haute Alsace (Oberelsässisches Feldartillerieregiment Nr.15), investit, en même temps que le 51 au Sud, le casernement aux ordres de son chef, l’Oberstleutnant Moyzischewitz.
 
En octobre 1912, le 15 cède sa place au 1er bataillon (3 premières batteries également) du 84ème Régiment d’Artillerie de campagne de Strasbourg (I. Abteilung des Strassburger-Feldartillerie-Regiments Nr.84) commandé par l’Oberst von Stumpff. Et comme pour Lizé Sud, un projet d’extension de construction à l’Ouest est déposé.
Profitant du départ du 15 et de l’arrivée du 84, le bâtiment destiné à l’origine aux familles du 15 (Familienhaus) maintient son appellation.
En 1919, cela devient la maison des aviateurs (Fliegerhaus).
 
Le 15ème Régiment d’Artillerie de campagne de Haute Alsace (Oberelsässisches Feldartillerie-Regiment Nr.15) est composé de 2 bataillons d’artillerie hippomobiles et un à cheval. Dans le cas présent il s’agit du 1er bataillon, donc de l’artillerie hippomobile.
 
En 1907, les intentions du commandement ne permettaient pas d’entrevoir que le 15 serait remplacé, 5 ans plus tard, par le 84.
 
*****
 
Les artilleurs allemands de l’armée du Kaiser, identiques à tous les militaires en général et dès leur arrivée dans ce nouveau casernement, se sont immédiatement mis en quête de trouver aussi un endroit convivial proche afin de passer quelques instants agréables en soirée autour d’une bière, après le service. Le bistrot « Wirtschaft Zum Marschallhof », qui a l’époque était situé au n°1i de la route d’Altenheim, était l’un de ces endroits conviviaux. Construit vers 1902, un certain G. Cron (ou Kron) y officiait. Aujourd’hui, cet établissement n’a pas changé d’adresse, mais il est situé au n°69 de la route du Neuhof et s’appelle dorénavant « Aux bons amis » (en face de la partie Sud du quartier LYAUTEY). Depuis 1973, le propriétaire s’appelle Jean-Jacques Weigel.
Et puis, il y avait aussi le café-restaurant ou Wirtschaft « Zur Granate » au n°1a de l’Altenheimer Strasse (un obus d’artillerie est logé au-dessus de la porte d’entrée), lieu de rencontre privilégié de tous les artilleurs, dont les patrons successifs s’appelaient Anton Arnet, A. Stöhr, Rietsch, etc. (aujourd’hui ce café s’appelle « Au bon coin - chez Sedat »). Il est situé à l’angle des rues de Châteauroux et du Neuhof. Après la Première Guerre mondiale, c’est Michel Auclair qui reprit le fonds de commerce au bénéfice de la Brasserie du Pêcheur et le rebaptisa « Au rendez-vous des Aviateurs » car on le disait très lié aux aviateurs du 2ème Régiment d’Aviation de Chasse qui, rappelons-le, était alors stationné, partiellement, en face dans la partie Nord de LIZE (Parc d’Aviation n°2) et l’essentiel du régiment à la caserne GUYNEMER dès 1919. Ce sont donc les militaires français qui reprirent le flambeau en venant faire honneur aux brasseurs locaux dans les débits de boissons de la rue. En 1934, Monsieur Rietsch racheta le commerce et après quelques années d’exploitation lui redonna son nom de baptême initial « Zur Granate » dès l’arrivée de l’occupant allemand. Et aux militaires de la Wehrmacht de prendre le relais des Français et venir à leur tour y déguster la bière. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, cet établissement retrouva son enseigne française « Au Rendez-vous des Aviateurs. »
(Monsieur et Madame Rietsch ont eu une petite fille Yvette en 1931 qui prendra plus tard le patronyme Luczò par mariage. Aujourd’hui, elle se souvient de sa jeunesse et cite quelques croustillantes anecdotes de l’entre-deux-guerres qui ont eu lieu soit au comptoir de ses parents, soit aux abords immédiats. )
 

Dans les années 1910, il y avait aussi au 1b de l’Altenheimerstrasse un épicier répondant au nom de Engelbert Schrodi. Son étroit magasin était mitoyen du bistrot « Zur Granate » et proposait, outre quelques produits d’épicerie (dites coloniales) et de quincaillerie, également des articles militaires.
Au cours de cette même période et deux portes plus loin, d’abord au profit des artilleurs allemands puis des aviateurs et techniciens du Parc d’Aviation n°2, il y avait aussi légèrement sur la gauche en sortant par le poste de garde, un tailleur pour civils et militaires, un coiffeur et une maison spéciale pour articles et fournitures militaires. Dans la vitrine une pancarte annonçait en grandes lettres le nom du propriétaire, Ch. Heiby.
 
Comment se présentait le quartier LYAUTEY vers 1910 ?
Pour répondre à cette question, l’auteur ne peut s’appuyer que sur les indications du plan d’origine dessiné par Edouard Schimpf, en janvier 1907 et les archives. En entrant dans la caserne par la route d’Altenheim (accès totalement condamné de nos jours), il y avait le bâtiment du poste de garde sur la droite qui abritaient dans les étages, les locaux de l’état-major de ce bataillon d’artillerie à côté de quelques pièces réservées au rangement de matériels divers. En continuant à main droite, au-delà des abris pour affûts d’artillerie, un magnifique bâtiment agrémenté d’un large perron et d’une vue imprenable sur un traditionnel jardin, vers l’Est, s’offrait au visiteur. C’était le bâtiment conjoint du mess des officiers du 15 et du 51, comportant essentiellement une importante salle à manger, un bar et quelques salons de réception. De l’autre côté, vers l’Ouest, un autre jardin superbement planté s’étalait jusqu’aux bâtiments des familles de ces deux unités d’artillerie, dont le plus important au Nord était réservé aux familles du 51. La localisation de cette partie de la caserne très luisante contrastait énormément avec le reste des installations, au Sud, plus austère et totalement réservé aux exercices militaires de pied ferme et évolutions équestres, que les deux solides bâtiments et les nombreuses écuries installés en carré sur le périmètre ne parvenaient pas à égayer. Tout comme dans l’autre partie du casernement, au-delà de la coupure de Solignac, de jeunes arbustes avaient été plantés symétriquement le long des gros bâtiments réservés à la troupe, pour tenter de leur conférer une note réjouissante tout en masquant les enclos des latrines.
Il n’est pas étonnant que dans un tel cadre rigoureux, les soldats n’attendaient que la fin du service pour s’évader quelques instants dans les cafés-bars de la rue d’Altenheim. Ils se retrouvaient, confortablement installés, établissaient leur rivalité entre artilleurs du 51 et du 15 ou du 84 et s’enivraient jusqu’à l’appel de retraite.
 
Lors de la Première Guerre mondiale les deux unités d’artillerie de la « Caserne des Artilleurs » sont engagées et le sort du casernement n’est pas bien connu. Toujours est-il que cette importante enceinte militaire aurait vu transiter de nombreuses recrues allemandes en partance pour le front.
 
Après le traité de Versailles cette partie de la « Caserne des Artilleurs » redevenue française, prend le nom de LIZE Nord (en hommage à ce général français tombé en Italie pendant la guerre) et ouvre ses portes au Parc d’Aviation n°2.
 
L’histoire retiendra aussi que le soldat Antoine de Saint-Exupéry a été incorporé à LIZE Nord (aujourd’hui LYAUTEY), le 2 avril 1921. Secrétaire, il est gagné rapidement par la passion des avions sur le Polygone voisin. A partir de cet instant il n’aura de cesse pour apprendre à piloter. Et le 18 juin 1921, Antoine de Saint-Exupéry, grâce à une dérogation spéciale (et secrète) du commandant Garde commandant le 2ème Régiment d’Aviation de Chasse, s’offre les premiers cours de pilotage sur les deniers que lui envoie sa mère (2 000 Francs de l’époque pour 100 heures de cours). C’est en double commande sur un Farman F40 de la "Transaérienne de l'Est" (compagnie d’aviation civile située en ce temps-là au Nord-Est du Polygone, qui assurait la liaison aérienne Strasbourg, Bruxelles, Anvers), qu'il s'élance pour la première fois au-dessus de l’Alsace afin de découvrir la ligne bleue des Vosges.
Enfin, le 9 juillet 1921, après un ultime tour de contrôle sur le Sopwith immatriculé F-CTEE, Antoine de Saint-Exupéry est lâché par son moniteur. Ce sera son dernier vol au Polygone. C’est donc à titre privé que Saint-Exupéry a appris à voler. Ne pouvant devenir pilote militaire, il est obligé de demander à passer le concours des officiers de réserve pour obtenir cette aptitude. C'est pour cette raison qu’il s'envolera, quelques jours plus tard, pour une campagne au Maroc.
 
A la dissolution du 2ème RAC de la caserne GUYNEMER, en 1933, le Parc d’Aviation n°2 disparaît également et la scission entre les deux quartiers intervient physiquement. LIZE Sud maintient le patronyme de LIZE et LIZE Nord est rebaptisé LYAUTEY.
A partir de cette année 1933, le destin du quartier LYAUTEY devient en conséquence autonome et les archives n’indiquent pas clairement ce qu’il advient de ce casernement jusqu’à l’arrivée du 172ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (172° RIF) en 1935.
En effet, c’est bien au cours du deuxième semestre de 1935, que fut mentionnée la présence d’éléments du 172ème RIF (Régiment d’Infanterie du Bas-Rhin), à LYAUTEY, auquel le commandement n’affecte qu’un seul bâtiment « troupes » sur le périmètre Est de l’enceinte militaire, identifié h sur le plan allemand de 1912 (identification difficilement lisible de nos jours au-dessus de la porte d’entrée Sud : l’inscription « 172° RIF » peut encore être devinée.)
La devise de ce régiment était « Je tiendrai ». Si cette partie du 172ème RIF a maintenu garnison dans ce quartier jusqu’en 1939, l’autre partie (composée d’autres compagnies) fut répartie dans d’autres cantonnements de la ville et du département.
Face à cette partie du 172ème RIF au quartier LYAUTEY fut construit vers 1937 un petit bâtiment d’appoint vraisemblablement à l’emplacement de l’ancien bâtiment i  (voir plan allemand de 1912), ce dernier étant les latrines du bataillon allemand à l’origine.
 
Yvette Luczò, se souvient aussi avoir entendu parler des militaires du 17/2 (en référence aux fantassins du 172° RIF) au comptoir de ses parents dans les années trente. Il y aurait eu aussi, peu de temps auparavant, des hussards au quartier LYAUTEY, affirme-t-elle. Mais compte tenu de son jeune âge lors des faits, elle n’est pas en mesure d’indiquer une date précise. Concernant ces hussards, une supposition admissible permettrait d’indiquer ici qu’il aurait pu s’agir de l’équipe de polo¹ des hussards qui étaient précisément en garnison au quartier Baratier, autrefois en ville, donc ceux du 3ème Hussards - de nos jours le quartier a disparu pour laisser la place au lycée professionnel J. Rostang près du boulevard de la Victoire à Strasbourg. Ces hussards sortaient du quartier LYAUTEY pour rejoindre une rotonde sur le terrain du Polygone où ils pouvaient détendre leur monture, poursuit-elle. Cela explique pourquoi certains témoins oculaires de cette époque affirment bien avoir vu sortir des hussards (parfaitement reconnaissables grâce à leurs képis bleu clair) accompagnés de leurs chevaux du quartier LYAUTEY (aussi une manière d’utiliser ses vastes écuries tout en assurant une présence militaire dans un quartier qui venait d’être désaffecté depuis 1933.)
 
¹ NDLR : Les Hussards, notamment ceux du 2ème Régiment de Tarbes, furent les tous premiers à relever le défi du « jeu de la balle à cheval » dans les années 1920.
 
Des années plus tard, vers 1939, le 3ème Régiment de Hussards qui vient d’être dissout en tant que régiment, renaît de ses cendres pour former des Groupes de Reconnaissance de Corps d’Armée (GRCA.) L’un d’eux, le 15 aux ordres du colonel Azaïs, se serait installé, pour quelques mois, au quartier LYAUTEY.
 
Toujours dans cette période de l’entre-deux-guerres, vers 1937, il y avait ce fermier qui, pour gagner deux sous, explique Yvette Luczò, promenait sa vache sur la route du Neuhof et s’arrêtait pour la traire à chaque fois que quelqu’un manifestait le souhait d’avoir un peu de lait frais.
 
Un autre témoin, Pierre Ziessler, né en 1920, explique se souvenir aussi de la présence de Hussards à LYAUTEY au début des années trente.
 
Et en 1940, commence la campagne de France. Après une période d’inquiétudes, d’incertitudes, de désarroi et de retournement de situation, la population locale est chassée sur les routes de l’exode vers le Sud-Ouest de la France et l’armistice est signé le 22 juin 1940.
 
Jusqu’à novembre 1944, le quartier est alors occupé par un Régiment d’Infanterie de la Wehrmacht chargé de l’incorporation et de l’instruction des soldats allemands.
Et Yvette Luczò indique que lors des « Portes Ouvertes », qui étaient organisées par les soldats allemands au quartier LYAUTEY, les gosses des environs étaient attirés : « Nous aimions y aller à cause de la bonne soupe aux pois qui y était servie » déclare-t-elle.
Elle évoque également ce facteur qui, au cours de la Seconde Guerre mondiale et lorsqu’il avait un peu trop bu dans les brasseries de la rue, n’hésitait pas à manifester bruyamment son attachement à la France en chantant à tue-tête la Marseillaise un peu par provocation et aussi par réaction à la fois aux chants mélodieux des militaires allemands lorsque ces derniers sortaient en ordre serré de la caserne. Pour lui éviter une interpellation, aux fâcheuses conséquences, sa mère, donc l’épouse du patron du « Zur Granate », l’entraînait alors vers l’arrière du café jusqu'à ce qu’il ait recouvré ses esprits.
 
Lucien Ziessler (né en 1930 et cousin de Pierre Ziessler cité ci-dessus) dont le père était fleuriste face à l’entrée du quartier LYAUTEY, explique qu’il n’était pas rare de voir les adolescents, le jour où ils n’avaient pas école et qu’ils traînaient dans la rue, se faire réquisitionner par le chef de poste pour cirer les bottes allemandes du personnel de garde.
 
La période de la Seconde Guerre mondiale, du côté allemand, n’est pas bien documentée, car une grande quantité d’archives fut détruite à Potsdam par les bombardements alliés vers la fin de la guerre. En conséquence, il est particulièrement difficile, de nos jours, d’écrire certains aspects de l’histoire allemande, notamment celle qui a pu se dérouler à l’intérieur de ces enceintes militaires, pendant les années d’occupation.
 
Toutefois, à la Libération, la France reprend ses prérogatives sur la région et publie une ordonnance datée du 15 septembre 1944 pour rétablir la légalité républicaine du 16 juin 1940 dans les départements annexés par la puissance allemande. Les textes édictés par l’occupant deviennent nuls et non avenus.
 
Dès la Libération de l’Alsace, c’est le 415ème Hôpital Chirurgical d’Evacuation Mobile (415° HCEM), avec 800 lits pour les malades et blessés de la 1ère Armée, qui est désigné pour s’installer au quartier LYAUTEY. Mais après quelques mois de présence seulement, en novembre 1945, le 415ème HCEM quitte Strasbourg pour l'Extrême-Orient.
C’est un Hôpital Militaire d'Infrastructure qui lui succède. Cette appellation se transformera un peu plus tard en un Hôpital des Armées.
Avec la mise en place de cet hôpital militaire, on attribua l’appellation « s » ou « pavillon Pasteur » à ce petit bâtiment (ce petit bâtiment d’appoint au profit du 172° RIF), aujourd’hui baptisé 006, qui verra au fil des années, des installations médicales, puis une pharmacie et enfin un laboratoire d’analyses.
Presque soixante ans plus tard, en 2003, ce bâtiment sera profondément modifié, une fois de plus, pour accueillir les détachements de soutien national belge et espagnol de l’Eurocorps.
 
Vers les années 1947, commente Yvette Luczò, « les militaires de ce quartier venaient au café boire un Pernod coupé d’eau chaude en hiver, ce qui les mettait dans un triste état. Mais, disaient-ils, nous dormons dans les écuries et heureusement qu’il y a encore beaucoup de seaux… ». Et Yvette Luczò de conclure qu’il y avait encore de nombreux chevaux au quartier LYAUTEY, dont un grand nombre de trait. Leur nombre diminua cependant et « à l’hiver 1949/1950 il ne devait rester à LYAUTEY qu’un seul cheval de trait. Un jour, au comptoir, le palefrenier de l’animal engagea une vive discussion avec un sergent major et un adjudant et paria qu’il était capable de faire entrer son cheval dans le café. Après bien des manœuvres, la bête consentit à franchir la porte d’entrée, mais à reculons. Et là un problème de taille surgit, car un beau poêle en fonte, poussé à fond, barrait toute pénétration additionnelle d’un tel gabarit dans le local. Les sabots arrière du cheval heurtèrent le poêle, des flammes jaillirent mais fort heureusement tout s’arrêta là.
Et le pari fut déclaré gagné. »
L’histoire ne dit pas comment se termina la soirée !
 
Dans les années 1960, l’apparence extérieure du quartier LYAUTEY change. On retire la clôture le long de la route du Neuhof composée de petits piliers maçonnés et reliés entre eux par une double barre métallique peinte de couleur bleue, croit-on se rappeler, pour la remplacer provisoirement par un réseau de barbelés et enfin par des panneaux bétonnés tels qu’ils apparaissent de nos jours. On peut aussi admettre que c’est au cours de la même époque que l’accès Nord du quartier (sur la rue des Canonniers, qui était alors une impasse) a été ouvert, condamnant ainsi complètement l’entrée officielle du quartier à partir de la route du Neuhof, où le trafic devenait trop important et gênait les mouvements de véhicules.
En 1977, est engagée une importante phase de modernisation des structures médicales qui va permettre de faire rayonner cet établissement hospitalier dans toute la région, non seulement au profit des militaires et de leurs familles, mais aussi au profit des personnels civils. Ces nouveaux travaux terminés, le 1er janvier 1980, l’Hôpital des Armées devient un Hôpital Régional des Armées.
Le 1er janvier 1986, l’Hôpital Régional des Armées devient un Centre Hospitalier des Armées.
Cependant, transformer une caserne d’artillerie allemande à l’origine en hôpital militaire, dans laquelle des aviateurs, puis temporairement des hussards et enfin des fantassins ont séjourné, n’aura pas été une affaire de tout repos.
 
Sans s’attarder à énumérer les transformations indispensables apportées aux bâtiments, il convient de souligner le souci constant des dirigeants d’humaniser les structures d’accueil et de soins. Car, dès 1946, les services de médecine, de chirurgie, de radiologie, de dermatologie, des contagions, de stomatologie, de pharmacie, de chimie et de bactériologie étaient opérationnels. L’inventaire des services fut complété par ceux d’oto-rhino-laryngologie en 1948, de radiothérapie en 1951, de psychiatrie et de réanimation en 1981. L’important centre d’expertise médicale des personnels navigants n°841, doté de moyens techniques perfectionnés, occupait tout un bâtiment dès 1968. L’ouverture d’un nouveau service de dermatologie en 1993, d’un service de tomodensitométrie (scanner), de chirurgie spécialisée et de prothèse dentaire en 1994, de nouveaux laboratoires-pharmacie, d’un centre de vaccinations internationales et de conseils aux voyageurs en 1995, a considérablement élargi l’éventail des soins pouvant être prodigués aux militaires et aux civils... à Lyautey...
 
De nos jours, le quartier LYAUTEY a gardé son appellation d'origine. Il dépend toujours du Ministère de la Défense et est donné en compte à l'Armée de Terre - Service de Santé des Armées. C’est au cours de l’année 2002, alors que les activités médicales militaires avaient cessé depuis quelques temps, que furent réparties les nouvelles zones de responsabilité de ce quartier. L'affectataire secondaire et partiel pour la partie Nord du quartier LYAUTEY sont devenus « les hôpitaux universitaires de Strasbourg » à qui le Ministère de la Défense loue cette surface (provisoirement, en attendant la fin de la construction du nouvel hôpital en ville). Le reste ou l’essentiel, c’est-à-dire une grosse partie Sud, de cette enceinte militaire est confié au BQG de l'Eurocorps stationné au quartier LIZE pour y construire principalement des bâtiments destinés à l'hébergement des jeunes Engagés Volontaires de l’Armée de Terre (EVAT) d’une part, et à y abriter les détachements de soutien nationaux d’autre part (position temporaire, dit-on, pour ces derniers qui reviendraient au quartier LIZE, dans les années à venir, après l’aménagement de nouveaux locaux*.)
Enfin, l’extension d’autrefois sur le flanc Ouest est attribuée au Bureau de Garnison de Strasbourg pour y aménager également des logements.
 
*Au retour des détachements de soutien nationaux au quartier LIZE, le pavillon Pasteur (006) serait réaménagé en "maison du soldat européen" (conformément au schéma directeur), sorte de foyer au profit du soldat multinational qui pourrait ainsi trouver sur place un point de restauration, des informations pratiques, et même disposer d’une capacité hôtelière.
 
Ainsi une partie importante du quartier LYAUTEY est repassée sous le contrôle direct de l'Eurocorps… et, en quelque sorte, l’histoire recommence car l’entité militaire d’autrefois, même partielle, est presque reconstituée.
 
Au quartier LYAUTEY, parmi les installations d’antan, certains se souviendront de l’existence, à l'extrémité Est du bâtiment marqué m (anciennes écuries – voir plan allemand de 1912) d’une chapelle qui avait été aménagée vraisemblablement dès l'ouverture de l'hôpital militaire, c'est-à-dire au lendemain de la Libération.
Comme nous venons de le découvrir, c’est en 2002 qu’eut lieu la répartition des nouvelles zones de responsabilité au sein de ce quartier. En même temps le commandement militaire procéda à la destruction de quelques bâtiments (n, m, m1, m2, k et i – cf. plan allemand de 1912), en prévision des projets à venir.
Quant au bâtiment marqué d2, il a aussi disparu en son temps, pour être d’abord remplacé par une zone à déchets, puis après avoir été comblée, cette dernière a vu s'élever à la place la résidence du médecin en chef de LYAUTEY. Cette autorité n’aura vraisemblablement jamais été locataire des lieux si l’on considère que la date de fin de construction de cette résidence eut lieu en 1995 et que la décision de cessation des activités du Centre Hospitalier des Armées LYAUTEY est intervenue en 1996.
Le 18 mars 2003, alors que depuis quelques semaines le premier bâtiment destiné aux EVAT est en construction, s’installent les deux détachements de soutien national belge et espagnol dans le bâtiment rénové s ou 006 (ancien pavillon Pasteur). Les Espagnols emménagent au rez-de-chaussée et partiellement au 1er étage, et les Belges, qui avaient envoyé leurs précurseurs depuis le 10 mars, occupent le reste de ce même 1er étage. A l’extérieur du bâtiment le chemin d’accès est recouvert provisoirement de sable et de galets. Pour délimiter ce nouveau périmètre et le séparer des installations hospitalières civiles, un grillage mitoyen de 2 m de hauteur est posé et surmonté d’un réseau barbelé.
Et un fait divers, digne de la zone dans laquelle sont implantés les casernements, survient quelques jours avant l’installation de ces deux détachements. En effet, des inconnus incendient, dans la nuit du 4 au 5 mars 2003, deux engins de construction à l’intérieur du périmètre militaire (en ce temps-là non gardé), sur le chantier des futurs bâtiments EVAT voisins. Dans la pratique, les surfaces bitumées (routes et parkings) ainsi que le premier bâtiment EVAT (celui le plus à l’Est) sont remis aux autorités militaires de l’Eurocorps dès la pose des portails d’entrée, au début de l’année 2004. L’autre bâtiment EVAT, et ses abords, ne serait pas prêt avant un an.
En mars 2004, les premiers EVAT s’installent dans le bâtiment mis à leur disposition.




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